Mardi 21 mars 2006
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Le maître d'ouvrage et l'architecte ont présenté, hier soir, au public le projet controversé de la Zone d'aménagement concerté.
« Je finis mon exposé. Après, vous pourrez tirer à feu nourri. Je promets de vous répondre si je suis encore vivant... » Un peu d'humour est toujours bienvenu dans un débat crispé. Frédéric Rolland, l'architecte urbaniste du projet de la Zone d'aménagement concerté (Zac) de Terrien-Cocherel a tenté, hier soir, d'expliquer aux riverains sa démarche.
À ses côtés, les responsables d'Eiffage, le maître d'ouvrage qui construira les 245 logements sur 1,2 ha de l'ancienne friche industrielle, au coeur de
la ville. Mais bizarrement, aucun représentant de
la mairie. Dans la petite salle où s'est massée une centaine de personnes, les questions sans réponse sont donc restées nombreuses, notamment sur la politique de densification. Le promoteur a rappelé que le périmètre de la Zac représentait « la garantie d'un aménagement cohérent ». Il a assuré avoir tenu compte de remarques lancées lors de la dernière réunion publique, fin 2004. « Les immeubles auront des pignons aveugles sur les jardins de
la rue Lardin-de -Musset. Nous avons augmenté le stationnement, au-delà des contraintes réglementaires, avec 1,5 place par appartement. »
Des avancées, certes, mais à la marge, selon les riverains de
la rue Terrien-Cocherel , qui ne goûtent pas
la concertation. Ils auraient souhaité que la voie soit portée à 15 m, contre 10 m actuellement, pour que les immeubles de quatre étages ne leur mangent pas toute
la lumière. Mais là, chacun voit midi à sa porte. « La seule tension du projet est sur
la rue Terrien-Cocherel », a reconnu l'architecte. Il a imaginé l'ouverture du quartier en créant une nouvelle voie, celle-ci de 15 m de large, pour relier l'avenue Pasteur à
la rue Terrien-Cocherel. Elle donnera de l'air à un projet qui « intériorise la densité ».
Voilà bien le grand débat : la densification de la ville, pas seulement des « dents creuses ». Pour la municipalité, elle constitue la réponse à la crise du logement. Les riverains de Terrien-Cocherel ne nient pas le problème. Mais ils auraient préféré un ensemble moins massif, qui s'intègre mieux à la diversité des habitats dans ce quartier, naguère ouvrier. Et bientôt en perpétuel chantier. Les travaux démarreront début 2007 et sont prévus, selon le promoteur, sur « sept à huit ans ».
Guillaume Ballard
Ouest France, 21/03/2006
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